FESTIVAL DE L'IMAGINAIRE 2009 À VITRÉ

 

27 février au
15 mai 2009

mardi au dimanche
de 14h à 18h
entrée libre

Maison
des Cultures
du Monde
2 rue des Bénédictins
35500 Vitré

Renseignements :
02 99 75 82 90


      
EXPOSITION
MARIONNETTES DU MONDE
   


Marionnette Bunya Ningyo, Japon

Cette exposition constituée à partir d'une collection particulière et du fonds de la Maison des Cultures du Monde, offre un riche tour d'horizon grâce à la présentation d'un peu plus d'une centaine de pièces, ainsi que de photos, de cartels documentaires et de vidéos.


La transformation du guignol lyonnais en théâtre pour les petits nous a depuis longtemps fait oublier la fonction de satire sociale qu'il avait au XIXe siècle. Depuis, et malgré un léger regain de cet art dans la création contemporaine avec des compagnies comme celle de Philippe Genty, le théâtre de marionnettes demeure en France le parent pauvre des arts du spectacle. Il en va tout autrement dans la plupart des autres cultures et civilisations où elles sont considérées comme des créatures magiques, détentrices de pouvoirs insoupçonnés à l'image des héros ou des divinités qu'elles incarnent.

En Afrique, notamment chez les pêcheurs Bozo du Mali, elles sont au centre des fêtes de l'eau, rituels propitiatoires destinés à favoriser la pêche. Celles du Kwagh Hir, chez les Tiv du Nigeria, ouvrent un espace de satire sociale à caractère éducatif très appréciée du public villageois.

En Chine, les petites marionnettes à gaine, manipulées avec une délicatesse qui réclame des années de formation, constituent une tradition multiséculaire qui se transmet de père en fils depuis des générations. Les troupes vivent principalement de représentations organisées à la fin de la construction d'une maison afin d'en chasser les mauvais esprits qui y ont élu domicile pendant les travaux.

À Surakarta, haut-lieu de la culture traditionnelle javanaise, le théâtre de marionnettes et le théâtre d'ombres ont également un rôle propitiatoire et purificateur comme l'indiquent d'ailleurs les petits rituels qui précèdent chaque représentation.

Au Nord-Vietnam, les courtes et savoureuses saynètes de marionnettes sur eau participaient aux fêtes agraires afin de favoriser la récolte de riz. Cette tradition est devenue aujourd'hui un spectacle à part entière, au même titre que l'opéra traditionnel, et l'on bâtit dans tout le pays des théâtres spécialement conçus pour ces représentations.

En Inde du sud ou le profane et le sacré se mêlent dans les moindres actes de la vie quotidienne, elles mettent en scène des légendes ou de grands récits épiques comme le Ramayana ou le Mahabharata. Parfois la même forme peut être jouée par des acteurs ou par des marionnettes sans que l'on sache vraiment lesquels ont précédé les autres dans la naissance de cette forme.

Il en va de même des pupi de Sicile, encore très vivants à Palerme, qui retracent les aventures des chevaliers du temps des croisades.

En Birmanie, dans la ville de Mandalay, les représentations de marionnettes à fils consacrées aux Jataka, les vies antérieures de Bouddha, témoignent de leur rôle religieux et éducatif.

Le bunraku du Japon, célèbre pour ses grandes marionnettes portées, est reconnu depuis fort longtemps comme l'une des grandes formes classiques de ce pays. L'exposition présentera une forme parente du bunraku, moins connue mais tout aussi ancienne, le bunya ningyo.

Véritables oeuvres d'art, proches de la statuaire, ces marionnettes témoignent d'une extraordinaire diversité dans leurs techniques de fabrication et de manipulation, qu'elles soient à gaine, à tige, à fils, voire même à clavier ou sur caisse comme certaines marionnettes d'Afrique de l'ouest.

   Pierre Bois