FESTIVAL DE L'IMAGINAIRE 2009






Indonésie
WAYANG KULIT
Théâtre d’ombres de Solo
"Chef d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité
(UNESCO)"



Jeudi 2 avril à 20h30
Vendredi 3 avril à 20h30
Samedi 4 avril à 20h30

Plein tarif : 21 euros
Abonnés : 15 euros
Tarif réduit : 11 euros

Maison des Cultures du Monde
101 boulevard Raspail
75006 Paris

Métro Saint-Placide ou Notre-Dame-des-Champs


Avec le dalang Purbo Asmoro
Direction musicale Rahayu Supanggah
Gamelan Garasi Seni Benawa
Spectacle surtitré en français


© Rahayu Supanggah

Il est 9 heures du soir, une légère brise rafraîchit l’assemblée après la torpeur du jour.

Un drap tendu, une lampe à huile, des marionnettes en cuir, peintes et finement ciselées sont fichées des deux côtés d’un tronc de bananier placé au pied du drap qui représente la scène, le monde. Le dalang s’installe, à son signal, la douce mélodie du rebab fait savoir que les conversations doivent cesser. La représentation va commencer. Les figurines vont s’animer à la lueur vacillante de la flamme et comme les hommes, elles vont chacune s’engager sur l’interminable chemin à la recherche de la félicité.

Le Wayang Kulit ou théâtre d’ombres est une des plus anciennes formes spectaculaires de Java, et sans doute une des plus élaborées. Selon certaines sources, elle se serait transmise sans interruption depuis au moins un millier d’années. À Java, les représentations durent une nuit entière et ne s’achèvent qu’au petit matin. Ce n’est pas un simple spectacle de divertissement, mais un rituel propitiatoire et purificateur à l’occasion d’une fête religieuse, d’un mariage, d’une circoncision, de l’inauguration d’un édifice…

Les histoires sont pour la plupart des épisodes des deux grands récits épiques de la littérature hindoue, le Râmâyana et le Mahâbhârâta relus à travers le prisme de la réalité contemporaine. Le dalang se sert de ses personnages pour exprimer son opinion, et celle de ses concitoyens, sur les affaires du pays ou sur les questions qui occupent la société.

© Rahayu Supanggah

Il n’est pas donné à quiconque de devenir dalang ou manipulateur : il faut être un grand artiste comme Purbo Asmoro pour pouvoir raconter, mais aussi improviser à partir d’un canevas et relier l’histoire à l’actualité, reproduire la voix douce et timide d’une princesse, imiter le ton canaille d’un rustre, ou exprimer avec élégance toute la colère retenue d’un noble prince. Et ne parlons pas de l’endurance de celui qui doit passer une nuit entière assis en tailleur, sans fermer l’œil, à faire rire ou pleurer son public et contrôler de manière imperceptible les musiciens du gamelan, installés autour de lui.

Purbo Amsoro est l’un de ces artistes exceptionnels. Né à Pacitan dans une famille de dalang depuis au moins six générations, et même plus selon la légende de la famille, il devient dalang professionnel en 1980, à l’âge de 19 ans. Mais ce n’est qu’en 1988, après avoir fait ses preuves, qu’il est admis dans la communauté des dalangs de Solo. Purbo Asmoro est toutefois le seul dans sa famille et l’un des rares dalangs indonésiens à détenir à la fois l’art et la manière traditionnels, transmis par sa famille, et des connaissances académiques acquises à la prestigieuse Académie des Beaux-Arts de Solo (ISI) où il enseigne actuellement, partageant sa vie entre ses étudiants et ses fans à travers Java.

Réputé grand connaisseur et respectueux de la tradition Purbo Asmoro est aussi un innovateur. Le lakon qu’il jouera pour le Festival de l’Imaginaire est intitulé Sesaji Raja Suya ou La grande offrande des rois. Cet épisode du Mahâbhârâta s’inscrit, bien entendu, dans le conflit qui oppose les Pandava aux Kaurava. Mais plus que l’éternel récit d’un combat entre le bien et le mal, magie noire et magie blanche, cette histoire s’interroge sur la nature de l’homme, capable du plus grand courage comme de la pire veulerie. C’est aussi une histoire qui donne à réfléchir sur sa liberté d’adhérer ou pas à un système de croyances et de valeurs.

Arwad Esber

> En tournée
Mardi 31 mars
Trident - Scène Nationale de Cherbourg – Octeville

> Conférence
"Théâtres d'ombres au Cambodge et en Asie" :
Mercredi 18 mars - 18h30
Par Françoise Gründ, ethnoscénologue, co-fondatrice de la Maison des Cultures du Monde
Maison de l'Indochine - Paris 6ème - 01 40 51 95 15
   
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