Karoliina Kantelinen ouvrira le bal en interprétant des chants traditionnels,
des runes et des joïks de Carélie, ancien territoire finlandais,
désormais russe et berceau de la musique kalevaléenne. Auteur, compositeur
et interprète, cette jeune artiste ouvre les portes d’un univers où la
musique et les chants sont liés à la nature et aux esprits. Elle fait
revivre ces poésies en s’accompagnant au kantele et excelle dans
cet art vocal ou plus que les mots, la mélodie est essentielle. Enfin,
la pleureuse Pirkko Fihlman la rejoindra pour chanter des lamentations.
Activistes de la « scène Jouhikko » les quatre membres du Jouhiorkesteri,
ont largement contribué à réhabiliter cet instrument aux sonorités belles
et étranges, parfois rugueuses. Hérité de la culture celtique, le
jouhhiko, sorte de lyre à archet, possède quatre cordes. S’il a failli
disparaître au début du XXe siècle, il fait désormais l’objet d’un vif
intérêt de la part des jeunes musiciens qui recommencent à composer dans
une veine traditionnelle de nouvelles pièces pour jouhikko. Il
en va ainsi du Jouhiorkesteri qui présentera au public un répertoire de
pièces traditionnelles et contemporaines, instrumentales et chantées.
Enfin, le groupe Frigg composé de six jeunes virtuoses proposera sa musique
folk instrumentale composée dans une veine traditionnelle renouvelée et
métissée où prédominent les cordes (violons, mandoline, guitare). Issu
d’une célèbre lignée de musiciens (la famille Järvela) qui perpétue depuis
plusieurs générations les traditions musicales de l’Ostrobotnie, ce groupe
revisite le répertoire des musiques traditionnelles et populaires en les
nourrissant de ses propres compositions. Avec sa musique festive, énergique
et ouverte sur le monde, Frigg incarne la « relève » et augure d’un avenir
prometteur pour les musiques finlandaises ; musiques désormais promises
à des lendemains qui chantent ...