Ceux qui pourraient penser que les musiques traditionnelles
sont une affaire de «vieux», qu’elles ne sont pas «contemporaines»,
qu’elles sont figées, qu’elles n’attirent pas
les nouvelles générations devraient aller faire un tour
du côté de la Colombie, et voir comment Gualajo, Cholo Valderrama,
Ibo Diaz et Nafer Duran attirent et séduisent les foules de spectateurs.
Et pourtant, chacun de ces artistes est fidèle à la tradition
non seulement colombienne, mais aussi celle particulière à
sa région.
Le groupe Gualajo fut créé en 1998 par le maître incontesté
de la marimba, José Antonio Torres, originaire du village
de Sansón (Antioquia). Dès son plus jeune âge, il
a consacré sa vie à la facture et au jeu des instruments
typiques de sa région, dont la marimba de chonta ou le
piano de la forêt, comme on l’appelle en Colombie. Gualajo,
c’est la voix de l’Afrique, celle qui a fourni les esclaves,
amenés de force pour travailler dans les mines. Le pouvoir d’appel
de la marimba et son importance pour regrouper les communautés
du littoral Pacifique sont incontestables. Autour de cet instrument se
sont construits des chants qui reprennent les légendes et croyances
d’une région, encore une fois caractérisée
par le syncrétisme culturel.