| FESTIVAL
DE L'IMAGINAIRE 2007 |
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Les Chopi vivent principalement dans la partie méridionale de la province d'Inhambane au sud du Mozambique et sont réputés pour leurs orchestres de xylophones timbila dont la pratique est attestée dès le XVIe siècle par des missionnaires portugais. C'est l'un des très rares exemples en Afrique de pratique orchestrale du xylophone. Ces ensembles rassemblent en effet de cinq à quinze xylophones de tailles et de registres variés : chilandzane pour les parties aiguës et solistes, dibhinda pour l'accompagnement en contrepoint et chikulu pour la basse. Chaque mbila comprend un nombre variable de lames qui peuvent mesurer jusqu'à près d'un mètre de long pour les mbila les plus graves. Ces lames sont façonnées dans un bois dur, le mwenje, très apprécié pour ses propriétés sonores. Le son de chaque lame est amplifié par un résonateur en calebasse muni d'un mirliton dont la vibration apporte au timbre de l'instrument une sonorité nasalisée. Le concert de timbila, appelé ngodo, est joué comme divertissement lors des réjouissances, des mariages, mais surtout pour les cérémonies de commémoration des ancêtres qui constituent l'un des moyens de transmission et de perpétuation des valeurs sociales et identitaires chopi. Plus qu'un simple concert, le ngodo est un spectacle total associant la musique instrumentale, le chant, la déclamation et les cris, et la danse. Il se compose d'une longue suite de pièces qui correspondent à des formes musicales bien précises. Les danseurs, musingi, portent les attributs des guerriers notamment le bouclier de peau et une arme, machette, hache rituelle ou lance. Ils sont alignés sur un rang, face aux musiciens. Les mouvements sont virils, avec des pas en avant et en arrière, genoux relevés, évoquant la course au combat. Entre les musingi et les musiciens, un ou deux joueurs de hochet, les machachulane, interprètent les rôles féminins, se livrant à une danse souvent pleine de grâce, mais aussi d'humour et de truculence. La
guerre civile qui a sévi au Mozambique entre 1975 et 1992 a porté
un grand coup aux traditions musicales du Mozambique et les traditions
des Chopi n'y ont pas échappé. À cela s'ajoutent
les effets de la modernisation qui détourne les jeunes adultes
de leurs traditions, sans parler de la situation sanitaire et du SIDA
qui déciment cette classe d'âge. Conscient du danger que
courait cette tradition, unique en Afrique, le gouvernement mozambicain
a ainsi obtenu en 2005 que les timbila soient inscrits par l'Unesco à
la liste des chefs-d'oeuvre du patrimoine culturel oral et immatériel
de l'humanité.
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