
13
et 14 mars à 20h30
Maison
des Cultures du Monde
101 bd Raspail
75006 Paris
M°
St-Placide
ou N.-D. des Champs
Première
partie
« Guali y alabaos » de Guapi
Avec
Margarita Campas de Grueso
Gladys Beatriz Bazan
Maria Juana Angulo
Ana Francisca Hernandez Montaño
Carlina Andrade Bonilla
Ruth Marien Valencia
Deuxième
partie
Le Lumbalu du Palenque
de San Basilio
Avec Les Joyeuses Ambulances :
Dolores Selina Salgado
Graciela Salgado
Celina Padilla de Salgado
Emelina Reyes
Teresa Reyes
Tomás Teherán
Benicio Torres
Renseignements
:
01 45 44 72 30
Billetterie
:
à partir du mardi 24 janvier 2006 au
01 45 44 41 42
du mardi au samedi de 11h à 18h
Tarifs
:
20 € (plein tarif)
14 € (abonnés)
10 € (demandeurs d'emploi et - de 26 ans)
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Colombie
Les
Pleureuses de Colombie
Les Joyeuses Ambulances
"Guali et Alabaos" de Guapi

La
Colombie est un creuset de différentes cultures résultant
notamment de la rencontre entre la civilisation espagnole colonisatrice
et l’héritage africain, apporté par les esclaves à
l’époque de la traite des Noirs et réélaboré
par leurs descendants en quête d’identité. On évoque
souvent la diversité des danses et la richesse de la tradition
musicale de la Colombie pour illustrer ce métissage. Les rites
funéraires eux-mêmes, que ce soient ceux des communautés
afro-colombiennes du littoral Pacifique ou encore ceux du nord du pays,
combinent des éléments provenant d’origines diverses,
témoignant de la vigueur du legs africain et de sa faculté
à resserrer les liens communautaires. Pour sa dixième édition,
le Festival de l’Imaginaire poursuit son exploration des musiques
de Colombie en présentant au cours d’un même concert
deux groupes de Pleureuses qui interprèteront des chants, joyeux,
pour les morts. Les Pleureuses de Guapi présenteront en première
partie du concert un guali et des alabaos. Dans une deuxième partie,
le groupe des Joyeuses Ambulances (Las Alegres Ambulancias) interprétera
un lumbalu.
Dans
la culture de la côte Pacifique, élaborée au fil du
temps par les descendants des esclaves, la mort d’un adulte et celle
d’un enfant n’ont pas la même signification. La mort
d’un enfant est une joie puisqu’on considère que c’est
l’occasion pour un ange de rejoindre ses semblables au ciel. La
mort d’un adulte, au contraire, cause beaucoup de douleur par le
vide qu’elle laisse dans la communauté. À ces deux
types de relation à la mort correspondent deux rituels funéraires
différents. À la mort d’un enfant, on célèbre
un guali qui se doit d’être joyeux. Les larmes, en
effet, inonderaient l’enfant et en l’alourdissant empêcheraient
son ascension. Seule la mère peut donner libre cours à sa
douleur. Le rite commence par un chant qui demande l’autorisation
d’ouvrir la cérémonie, puis les romances alternent
avec des rondes où les parrains sortent l’enfant de son cercueil
pour danser avec lui. Les paroles ont généralement un contenu
érotique. À la mort d’un adulte sont célébrés
des alabaos (du mot alabanza, louange), chants de louanges
polyphoniques a capella. Les alabaos expriment
la douleur et racontent parfois la vie du défunt. À cinq
heures du matin, lorsque le rite s’achève, les chants accompagnent
l’âme dans son ultime voyage. Les règles de versification
des alabaos sont héritées des formes poétiques traditionnelles
espagnoles comme la romance.
Les
Joyeuses Ambulances (Las Alegres Ambulancias) nous invitent à
quitter la côte Pacifique pour la côte Caraïbe, à
une cinquantaine de kilomètres de Carthagène. C’est
là que, fuyant l’esclavage, un roi africain nommé
Benkos Bioho est parvenu à fonder, au début du XVIIe siècle,
la première communauté libre habitée par des esclaves
fugitifs : le Palenque de San Basilio. Le terme de palenque désigne
le lieu où vivaient des «marrons» à l’époque
coloniale. Au cours de leurs quatre siècles d’existence,
les Palenqueros ont développé une culture unique. Non seulement
le Palenque de San Basilio est l’un des principaux foyers de la
diversité musicale de la région Caraïbe de Colombie,
mais il est aussi avec les Philippines le seul lieu d’expression
d’un créole à base hispanique. Une autre spécificité
du palenque est la cérémonie du lumbalu, rite funèbre
d’origine bantoue qui regroupe des chants de femmes, des danses
et des percussions aux rythmes d’une grande complexité. Pour
cette veillée funèbre, on prépare un petit autel
sur lequel sont placées des statuettes ou des images de la vierge
et des saints. Les chants créoles se mêlent aux prières
catholiques en espagnol et à l’invocation des dieux en bantou.
Ce rituel, qui permet à la lamentation personnelle et à
la douleur intime de trouver une forme d’expression collective,
favorise la cohésion de la communauté et met en avant le
rôle des femmes, auxquelles est dévolu le déroulement
entier de la cérémonie.
/ Gloria Triana
Le
25 novembre 2005, l’espace culturel du Palenque de San Basilio a
été classé avec 42 autres régions et formes
artistiques parmi les chefs d’oeuvre du patrimoine oral et immatériel
de l’humanité lors de 3e proclamation faite par l’UNESCO.
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